Depuis quelques décennies, la prévention et le traitement des victimes d’abus sexuels sont l’objet d’un plus grand intérêt. Ainsi, les auteurs s’entendent pour dire que l’abus sexuel entraîne à long terme différentes conséquences chez les victimes, touchant autant les dimensions affectives que comportementales. De récentes recherches, les auteurs utilisent le terme « survivantes d’abus sexuel à l’enfance », afin de désigner les femmes qui ont été victimes d’abus sexuels pendant leur enfance. Dans un document publié par le Gouvernement du Canada (2001) à l’intention des professionnels de la santé, les auteurs utilisent le mot « survivante » au lieu de victime car pour eux, en utilisant le terme survivante, nous mettons l’accent sur la force et les ressources de la personne qui a su trouver des moyens pour affronter les conséquences de l’abus sexuel dans son enfance.

Par ailleurs, nous constatons que les écrits offrent plusieurs paramètres à la définition de l’abus sexuel. Ainsi, certains écrits mettent l’emphase sur l’âge de l’agresseur sans mentionner les cas de coercitions sexuelles commises par des pairs, tandis que d’autres études mentionnent qu’il y a abus sexuel lorsque l’agresseur est un membre de la famille. Il est important de préciser que lorsque nous intervenons en thérapie nous retenons la définition émise par le Gouvernement du Québec, dans le cadre des orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle et qui décrit l’abus sexuel comme des gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, par une manipulation affective ou un chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Un abus sexuel porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la victime et la victime d’abus n’est aucunement responsable des comportements et des gestes posés par l’agresseur.

Pour tous ces enfants dont les premières années de leurs vies ont été écorchées, pour tous ces enfants devenus femmes et portant en elles l’empreinte d’une parole, d’un geste prédateur.

Pour toutes ces femmes vivant de la souffrance, de la peur, de la honte, l’espoir est permis, car elles ont toujours porté cet espoir de retrouver l’innocence, la confiance et l’amour volé à l’enfance.

Bibliographie